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  • Photo du rédacteuryohan HARROCH

"La bienveillance n'est pas surévaluée, elle est sous-utilisée."


Nous voyons le mot bienveillance de plus en plus affiché sur les réseaux sociaux.

Il y a ceux qui la défendent jusqu'au bout, ceux qui 'en ont marre' de son emploi à tout va et ceux qui ne comprennent même pas son utilisation puisque, de toute façon, "on n'est pas au pays des bisounours". Ces derniers, je les évite puisqu'ils ont la fâcheuse tendance à prendre leurs décisions pour faire un monde avec plus de pouvoir, d'égo, de violence… Je n'ai rien à tirer de ce type d'actions pour construire un monde meilleur. Aux autres, je vous invite à m'aider à construire un monde avec vos actions pleines de bienveillance.

"Human kindness has never weakened the stamina or softened the fiber of a free people. A nation does not have to be cruel to be tough." Franklin D. Roosevelt

La bienveillance est une valeur fondatrice d'Equip&Vous. Nous travaillons cette valeur et l'appliquons dans nos actions au sein de notre groupe, avec nos interlocuteurs externes et avons l'ambition de la faire rayonner. Je vous propose, pour aller plus loin, une définition en nous appuyant sur un exemple qui s'appliquera à de nombreux cas. Je vous laisserai le soin de la commenter et la critiquer à souhait … en toute bienveillance ;)

L'indifférence n'est pas la bienveillance.


Je ne me contenterai pas de faire un raisonnement par l'absurde qui indiquerait que ce qui n'est pas malveillant est bienveillant. Aussi, j'ai souvent vu que l'on considérait la bienveillance comme une indulgence béate voire une indifférence. L'indifférence n'est pas la bienveillance. L'absence d'intervention peut être un acte délibéré lorsqu'une personne n'est pas disposée à recevoir notre acte bienveillant tel quel. C'est souvent le cas lorsque votre interlocuteur est dans l'émotion, dans l'action ou n'est pas encore dans une relation authentique mais de façade. (Cela nous amène à une autre valeur : l'authenticité, mais ce sera l’objet d’un autre article dédié.) Rien ne vous empêche de faire votre action a posteriori, lorsque votre interlocuteur sera prêt à accueillir votre parole.

Prenons l'exemple suivant : une personne monte les marches une à une d'un escalier. Nous remarquons que la prochaine marche est plus haute que les autres. Que devons-nous faire ? Que ferons-nous s'il rate la marche suivante, se vautre et se casse les dents ?! Cette allégorie de la vie s'applique à nos enfants, les personnes que nous manageons, nos collègues, nos coéquipiers, les personnes qui nous managent, nos parents, … bref, à tous.

Voici un petit tableau récapitulatif de quelques actions que nous pouvons facilement imaginer. Elles sont classées en quatre catégories.

Actions malveillantes

Aucune action

avec intention malveillante

Aucune action

avec intention bienveillante

Actions bienveillantes

Avant la chute

Level begginer : je fais un croche-pied.

Level expert : je la distrais en attendant sa chute. Je donnerai l'impression que je n'ai rien fait. "Hin hin hin" machiavélique.

"Je suis trop fort et il est trop bête."

J'espère qu'il va se bouffer la marche. On va bien se marrer. Je m'assois et j'attends.

Je suis inquiet qu'il se fasse mal. J'aimerais bien l'aider.

On informe que "la marche suivante est plus haute" et qu'il y a un risque. Vous pouvez rester sur des faits sans jugement.

"As-tu besoin d'aide pour la franchir ?" *

Pendant la chute

Je marche sur la gueule de mon prochain (©Sellig) en disant, "Bien fait pour ta gueule, gros naze! " avec un sourire mesquin. On peut ajouter un coup de pied dans les côtes si on a un peu de colère à évacuer. Profites-en, il est au sol ;)

Ricaner intérieurement

J'espère qu'il n'a pas trop mal et qu'il se remettra vite.

"ça va ?" Je propose mon aide et attend qu'il l'accepte.

Inutile de faire les premiers secours s'il est autonome dans sa gestion de l'accident et qu'il souhaite le faire seul. *

Juste après la chute

Je marche sur la gueule de mon prochain (©Sellig) en disant, "Bien fait pour ta gueule, gros naze! " avec un sourire mesquin. On peut ajouter un coup de pied dans les côtes si on a un peu de colère à évacuer. Profites-en, il est au sol ;)

"Il l'a bien mérité. Il se prend pour qui ? La marche sera toujours trop haute pour lui"

J'espère qu'il n'a pas trop mal et qu'il se remettra vite.

"ça va ?" Je propose mon aide et attend qu'il l'accepte.

Inutile de faire les premiers secours s'il est autonome dans sa gestion de l'accident et qu'il souhaite le faire seul. *

Le lendemain

"Alors, on a ramassé ses dents la dernière fois ? "

"Espèce de tocard !"

"C'était top ! Vivement la prochaine. Appelez-moi quand il y retourne !"

Pourvu qu'il ne retombe pas.

"Tu as raté une marche, est-ce que tu as besoin d'aide pour la franchir à nouveau ? *

*notre regretté Marshall Rosenberg, père de la CNV, portait au plus haut la valeur bienveillance envers soi-même et les autres. Il aidait à comprendre que tout conseil ou forme d'injonction sont violents. Aussi, imposer son aide malgré le refus de la personne n'est pas un acte pleinement bienveillant. Elle seule peut décider si l'aide est la bienvenue.


Vous noterez la facilité que nous avons à exprimer les actions malveillantes voire le plaisir à les imaginer. En cette période troublée, où les colères s'expriment de plus en plus facilement sur la toile et sur les médias, où les séries télévisées sont de plus en plus violentes, cyniques et sarcastiques, vous comprenez bien que le monde qui nous entoure nous conditionne et nous aide à exceller dans ce domaine. Notre histoire et notre culture ne nous ont pas aidés. Il est très difficile de s'entourer de personnes bienveillantes et de créer un environnement pour se conditionner positivement.

La clé, c'est de ne pas basculer dans le jugement.

Vous pouvez imaginer toute sorte de situation avec les personnes qui vous entourent en veillant pour leur bien. La bienveillance, à mon sens, n'est pas faire à la place, interdire ou obliger, laisse faire et attendre de voir. Cela passe souvent par le partage d'information. La clé est de ne pas basculer dans le jugement. Peu importe pourquoi et comment votre interlocuteur fait les choses, votre jugement n'aidera probablement pas. En revanche, votre regard externe, parce qu'il est sous un autre angle, apportera un éclairage précieux.

Je suis convaincu que vous n'aurez pas besoin du petit manuel de la bienveillance rien qu'en repensant au risque de cette chute et aux dégâts causés par et sur votre prochain. Imaginez comment vous feriez avec la chaire de votre chaire qui fait ses premiers pars. Encouragez-le ! Laissez-le découvrir tout en l’accompagnant ! Je vous laisse écrire la suite …

Pour nous, l'excellence et la responsabilité ne sont pas possibles sans la bienveillance.


Enfin, j'ai aussi lu certaines thèses qui mettent certaines valeurs au-dessus de la bienveillance. Ce serait le cas de la responsabilité, de la discipline ou encore de l'excellence. Par conséquent, il ne serait pas possible de réussir ou d'être ferme dans ses propos et ses décisions. Je ne demande qu'à être challengé. Avant cela, je vous encourage à réfléchir au comment vous arriverez à créer un cadre d'excellence en laissant vos interlocuteurs dans l'erreur sans leur partager votre regard différent et bienveillant. Comment pourrions-nous laisser s'exprimer les talents, les énergies, l'intelligence collective, le collaboratif pour générer l'excellence sans bienveillance ? Comment générer de la responsabilité autrement qu'en accompagnant, en guidant et en laissant faire ? Comment se diriger vers l’excellence et générer de la responsabilisation quand le stress et la crainte de la sanction sont de mises lorsque la discipline n'est pas respectée ?

La bienveillance n'est pas indispensable dans ces cas. Elle n'est pas, non plus, contradictoire. En revanche, elle me parait un très bon partenaire complémentaire. Pour nous, l'excellence et la responsabilité ne sont pas possibles sans la bienveillance.


“Kindness and politeness are not overrated at all. They’re underused.” —Tommy Lee Jones.

Je conclurai sur les difficultés à être bienveillant envers les autres en toute circonstance. Cette injonction, que l’on croise de temps en temps, omet qu’il faut aussi être bienveillant envers soi‑même. Essayons de faire simplement de notre mieux tel que nous le rappelle le quatrième accord toltèque.


Quelques sources se cultiver sur ce thème et celui du leadership

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